Aglia, l’interview

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Aglia, l’interview

WPV : Bonjour Kris, peux tu nous présenter les artistes qui t’ont accompagnés ce soir à la WPV 2 ?

Krispaglia : Alors à ma droite tu as Jean Yves alias Melchyor A, ensuite Ludovic Allen et Rochdee. Les trois artistes qui ont fait le Aglia 002 et j’irais même plus loin, qui ont fait naître le label aussi !

WPV : Tu définis le label Aglia comme un « label purement House Music créé pour et par des artistes lyonnais avec une volonté de sortir du vinyle », ces deux points en font le cœur d’Aglia. Comment ceci est né, pourquoi ce ciblage sur les artistes lyonnais et aussi sur le vinyle ?

Krispaglia : A la base, l’idée du label est née tout d’une frustration. J’envoyais des productions aux labels pour sortir un vinyle, les réponses que je recevais étaient positives mais ils ne voulaient sortir mes morceaux qu’en numérique. Sortir uniquement du numérique ne m’intéressait pas, je voulais vraiment du vinyle. Donc j’ai décidé de créer Aglia Records avec deux positions : - la première était de m’autoproduire et me faire plaisir, - la deuxième était que si je pouvais sortir un deuxième EP sur Aglia (Aglia 002), cela se ferait en signant des artistes lyonnais et surtout des gens importants pour moi et surtout des amis. Le premier EP : Krispaglia "Dis Poesy of jah (Aglia 001) est sorti en 2008 et s’est bien vendu, ce qui nous a permis de faire le second EP : Melchyor A / Ludovic Allen Feat. Meddeif / Krispaglia / Rochdee "Noir de coeur " en 2009. Je leur avais demandé de m’envoyer des productions qui sonnent africaine, car c’était l’époque de la coupe du monde (mdr en Afrique du Sud), et nous avons tous les quatre des racines africaines. L' EP Aglia 002 est donc sorti fin 2009 et a été distribué par Vinyl France (appartenant à Nuloop), mais avec les difficultés qu'ils ont connues et la crise du vinyle, le contrat de distribution et été réduit à seulement 6 mois d’exploitation par le distributeur. Grâce aux membres de l’équipe, l’EP Aglia 002 à continué à se vendre et paradoxalement il s’est mieux vendu à l’export (Allemagne, pays de l’est, Asie) qu’en France, Hardwax a même repassé commande. Au final on a réalisé plus de ventes que sur l’EP Aglia 001. Et ça me donne vraiment envie de faire l’EP Aglia 003.

WPV : Avec les mêmes artistes ?

Krispaglia : oui, déjà pour leur rendre hommage, car ce sont des artistes et des amis qui ont compris le sens d’un label artisanal. A ce jour ils n’ont rien touché de l'EP Aglia 002 alors qu’ils ont beaucoup participé et se sont investi. Cela fait d’Aglia une famille. Pour l’anecdote, la pochette de l’EP Aglia 002 a été faite par Jean Yves (Melchyor A) avec sa femme, et le macaron par leur fils. Melchyor A : C’est un dessin qu’il avait fait pour l’école, j’ai trouvé que ça allait bien et Kris a immédiatement dit oui. Krispaglia : Aglia c’est vraiment un esprit de famille, où on est tous complémentaires. Chacun a apporté son savoir faire.

WPV : On sait qu’il est difficile pour les labels indépendants de sortir du vinyle, c’est un investissement important et un pari pour les vendre. Est-ce que vous voulez continuer le pressage ou êtes vous tenté par l’aventure digital ?

Krispaglia : Dans le projet de l’Ep Aglia 003 il y aura un coté numérique, qui nous servira comme support de communication. Le vinyle ne s’adresse pas au même public. Aujourd’hui j’ai deux problématiques à solutionner : le pressage et la distribution. Je pense faire un vinyle plutôt en limited copy avec 150 pressages environ. Il est difficile de trouver un pressage en petite série et c’est quasiment plus cher que d'en faire 300. J’avais fais l’erreur de faire 400 copies pour l'EP Aglia 001 et il m’en reste encore un peu, j’aurais du en faire que 300 comme l’EP Aglia 002. De plus, je ne veux pas dépendre d’un distributeur, j’ai mis presque un an à trouver des distributeurs pour les EPs Aglia 001 et 002, alors que j’avais financé moi-même le mastering et le pressage. Donc je pense m’auto-distribuer par Internet, comme le font de plus en plus de label. Même si aujourd’hui sortir un vinyle c’est le faire à perte, cela reste important car le vinyle permet de laisser une trace matérielle.
Rochdee : c’est un objet qui dure dans le temps, et pourquoi pas dans un 20 ans un jeune retombera sur l'EP Aglia 001 ou 002 et se dira « woh c’est quoi ce morceau ? » . Un mp3 même si le morceau est vraiment bon, il peut vite tomber aux oubliettes, ce n’est pas le cas pour un vinyle.
Melchyor A : En plus, les EPs Aglia sont difficilement trouvable en téléchargement ;).

WPV : On a parlé de l’influence africaine sur l’EP Aglia 002, quels sont justement les artistes ou les styles musicaux que vous écoutez ?

Melchyor A : j’écoute beaucoup de Jazz depuis tout petit, et du Disco. Mon père était musicien et je me souviens l’avoir écouté jouer Lipps Inc "Funky Town".
Ludovic Allen : j’aime beaucoup la musique des années 70 Disco-Soul. C’est la House qui m’a fait revenir un peu vers cette Disco-Soul. Mais je m’intéresse à tous les styles musicaux.
Rochdee : je rejoins un peu Ludovic, mes influences sont très Funk, Soul, Disco, que l’on retrouve beaucoup dans la musique actuelle. Il y a toujours une base ou un sample de Disco-Funk dans les morceaux House qui sortent aujourd’hui.

WPV : Pour revenir sur l’identité lyonnaise du label, on voit que la scène lyonnaise a beaucoup évoluée ces dernières années. Comment voyez vous cette nouvelle scène, est ce qu’il y a des artistes que vous suivez ou avec lesquels vous aimeriez collaborer ?

Krispaglia : je trouve en effet que la scène lyonnaise a beaucoup évoluée, avec des labels très intéressant qui ont poussé, je pense à Caramelo, Distrub (un label Deep Techno), Difu bien entendu et bien d’autres. Par contre c’est vrai que je trouve la scène lyonnaise parfois trop éclatée, où chacun fait des choses de son coté en regardant tout de même du coin de l’œil ce que font les autres. Un peu comme une compétition et où il faut continuellement faire ses preuves et se montrer pour ne pas être oublié... J’aurais rêvé d’une scène lyonnaise à la Detroit, où les labels et les artistes de diverses influences, s’unissent pour créer des projets communs pour vraiment promouvoir l’image de Lyon. Il ne faut pas oublier les Nuits Sonores qui ont beaucoup apporté, mais je regrette qu’il n’y ait pas plus de cohésion alors que nous avons de très bons artistes sur Lyon. Il y a quelques années un membre de l’Ambassade avait soulevé l’idée de faire une série de compilations uniquement avec des artistes lyonnais et je trouvais l’idée géniale.
Ludovic Allen : par exemple, pour revenir sur ce que disais Kris, j’ai quitté Lyon pendant quelques années et à mon retour j’ai mixé dans quelques lieux, et j’ai vraiment eut l’impression de tout recommencer à zéro. Rochdee : je rejoins Kris, c’est vraiment l’union qui fait la force. Si on prend l’exemple de Paris, avec Africanism, c’est ce qui a permis à des gars comme Martin Solveig, Bob Sinclar etc. de s’unir et de vraiment exploser avec un projet commun.

WPV : Quels sont les projets d’Aglia pour 2014 ?

Krispaglia : Pour l’instant tant que les deux problématiques pressage et distribution ne sont pas solutionnés, je suis un peu bloqué pour l’aglia 003 mais je cherche des solutions. Par la suite j’ai également envie de sortir d’autres EP avec d’autres artistes lyonnais, et il y en a beaucoup que je trouve très intéressants. J’ai aussi un jeune artiste qui m’a déposé une maquette ce soir, donc je suis convaincu qu’il est possible de faire un Aglia 004 avec des talents lyonnais.

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